IA et cybersécurité : l’ESAIP invitée de BFM Marseille Provence

« L'IA ne remplacera pas les ingénieurs. » Invité de l'émission Focus Emploi sur BFM Marseille Provence le mercredi 21 octobre, Mickael Bosco, Directeur du Campus Aix-en-Provence et Enseignant Chercheur en Mathématiques de l'ESAIP Engineering School, école d'ingénieurs du groupe Excelia, a décrypté les besoins croissants des entreprises de la région Sud en ingénieurs IA, data et cybersécurité. Retour sur les messages clés de cet échange.


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Une région Sud en forte tension sur les métiers du numérique

Avec 70 000 emplois et 22 000 entreprises technologiques, la filière numérique de la région Sud recrute sous tension. Selon l'enquête Besoins en Main-d'Œuvre 2026 de France Travail, les entreprises de PACA prévoient 1 830 recrutements d'ingénieurs informatiques cette année, dont 920 dans les Bouches-du-Rhône et 690 dans les Alpes-Maritimes.

 

70 000

emplois dans le numérique en région Sud

1 830

recrutements d'ingénieurs informatiques prévus en PACA en 2026

44 500

emplois à Sophia Antipolis, pôle technologique majeur

Source : enquête BMO 2026 de France Travail.

Les profils les plus recherchés : ingénieurs informatiques, ingénieurs cybersécurité, développeurs, experts cloud, data analysts et data scientists. À l'horizon 2030, les grands acteurs du territoire (Airbus Helicopters, Thales, Naval Group, CMA CGM, entreprises de Sophia Antipolis) chercheront surtout des profils capables de combiner IA, cybersécurité et data.

La cybersécurité, enjeu majeur à l'ère de l'IA

Plus l'IA progresse, plus les organisations manipulent de données sensibles, et les cybercriminels s'en servent eux aussi pour automatiser leurs attaques. L'Europe estime à plusieurs centaines de milliers le nombre de professionnels cyber manquants : l'un des secteurs les plus porteurs pour les jeunes diplômés.

Non, l'IA ne remplacera pas les ingénieurs

Face aux craintes que suscite l'IA générative, Mickael Bosco a tenu un discours clair : l'IA automatise certaines tâches, produit du code, analyse des données. Mais elle ne remplace ni la capacité à poser le bon problème, ni celle de comprendre les contraintes et de prendre une décision.

L'ingénieur de demain passera moins de temps sur les tâches répétitives et davantage sur la conception, l'arbitrage et l'innovation. Les profils les plus recherchés se situeront à l'intersection entre technologie, données et enjeux métiers.

« Demain, l'ingénieur le plus recherché ne sera pas forcément celui qui connaît le mieux l'IA, mais celui qui sait quoi en faire. »

Mickael Bosco, ESAIP Engineering School

Les compétences à développer dès aujourd'hui

Pour rester indispensables dans un monde où l'IA sera partout, les futurs ingénieurs doivent cultiver cinq compétences clés :

  • Utiliser l'IA et vérifier ses résultats : savoir exploiter les outils sans leur faire aveuglément confiance.
  • Maîtriser les fondamentaux scientifiques et techniques pour comprendre ce que l'IA produit.
  • Développer son esprit critique face aux réponses générées automatiquement.
  • Communiquer et travailler en équipe : expliquer un sujet complexe simplement.
  • S'ouvrir à l'international, avec un bon niveau d'anglais.

Et surtout, apprendre à apprendre : un étudiant qui débute ses études en 2026 utilisera dans dix ans des technologies qui n'existent pas encore. Son conseil aux lycéens sur Parcoursup : viser un domaine qui répond à un besoin structurel (IA, cybersécurité, énergie, environnement, industrie) et regarder les croisements entre ces domaines.

« À 18 ans, ne choisissez pas uniquement le métier que vous voulez exercer à 23 ans. Choisissez les compétences qui vous permettront encore de choisir à 40 ans. »

Comment l'ESAIP prépare les ingénieurs de demain

L'ESAIP Engineering School forme des ingénieurs dans des domaines stratégiques : numérique, systèmes d'information, cybersécurité et gestion des risques. L'IA y est enseignée à tous les étudiants, quelle que soit leur spécialisation, et l'alternance comme les projets professionnels les confrontent à des problématiques d'entreprises réelles.

L'ambition de l'école est claire : former non seulement des utilisateurs de l'IA, mais surtout des ingénieurs capables de la concevoir, la sécuriser et l'encadrer, sans oublier les compétences humaines que les recruteurs attendent : communication, travail en équipe, éthique et esprit critique.

L'IA ne remplace pas les ingénieurs. Elle augmente la valeur de ceux qui savent l'utiliser.

 

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